1) Comprendre ce que tu achètes vraiment
Une prestation peinture, ce n’est pas “de la couleur”. C’est un résultat de surface.
Tu peux viser 3 niveaux (à annoncer clairement) :
Niveau A — “Propre et net” (budget maîtrisé)
- rebouchages localisés
- ponçage local
- sous-couche si nécessaire
- 2 couches
➡️ parfait si murs globalement ok, légers défauts acceptés.
Niveau B — “Quasi neuf” (bon rapport rendu/prix)
- rebouchage + ponçage plus systématique
- ratissage partiel (zones abîmées)
- contrôle des lumières rasantes
- 2 couches + reprises
➡️ c’est le meilleur choix dans 80% des appartements.
Niveau C — “Neuf premium” (rendu impeccable)
- ratissage complet (enduit sur toute la surface)
- ponçage complet + aspiration
- sous-couche adaptée + peinture haut de gamme
- finitions angles/plinthes “chirurgicales”
➡️ c’est ce qui fait un mur “comme dans une construction neuve”.
👉 Si tu ne dis pas le niveau souhaité, beaucoup d’entreprises te mettront par défaut un niveau A… mais tu t’attendras à un niveau C.
2) Les 12 points qui séparent un pro d’un “peintre du dimanche”
Quand tu visites le chantier avec eux, observe si la personne parle de :
- État du support (microfissures, farinage, anciens satinés, humidité)
- Préparation (rebouchage/ratissage/ponçage) avec des mots précis
- Sous-couche (accroche, isolante, anti-taches, bloqueur)
- Gestion des taches (nicotine, gras, auréoles)
- Gestion des angles (bandes, cornières, acrylique)
- Raccords plafond/mur (trait de coupe net)
- Protection (sols, portes, prises, radiateurs)
- Ventilation / séchage (et délai entre couches)
- Qualité peinture (lessivable, résistance, mat profond vs mat standard)
- Éclairage de contrôle (lumière rasante = révélateur de défauts)
- Équipe (salariés / sous-traitants / qui supervise)
- Réception et retouches (comment ils gèrent les réserves)
Si on te répond “t’inquiète, on gère” sans détail : mauvais signal.
3) Les questions à poser (celles qui obligent à être sérieux)
Copie/colle et pose-les.
Sur la préparation
- “Qu’est-ce que vous faites exactement avant la première couche ?”
- “Vous prévoyez du ratissage ? local ou complet ?”
- “Vous poncez comment et vous dépoussiérez comment ?”
- “Vous utilisez de l’acrylique où ? (angles, fissures, plinthes)”
Sur la technique et le rendu
- “Vous faites les découpes au pinceau ou au ruban ?”
- “Airless ou rouleau ? Et comment vous évitez le brouillard / surpulvérisation ?”
- “Quel niveau de finition vous garantissez ? (A, B ou C comme je vous l’ai décrit)”
Sur les produits
- “Quelle gamme de peinture ? lessivable ? quelle finition ?”
- “Sous-couche : laquelle et pourquoi sur ce support ?”
- “Si mur déjà satiné / laqué : vous faites quoi pour l’accroche ?”
Sur l’organisation
- “Qui est présent sur place ? combien de personnes ?”
- “Vous me donnez un planning écrit ? date de fin ?”
- “Comment se passe la réception ? retouches incluses ?”
Un vrai pro n’a aucun problème à répondre clairement.
4) Le devis parfait : ce qu’il doit contenir (sinon, compare pas)
Tu veux voir noir sur blanc :
A. Mesures + périmètre
- pièces concernées
- m² murs / m² plafonds
- boiseries / portes / plinthes / radiateurs (si inclus)
B. État du support + préparation
- rebouchage fissures
- ratissage (local/complet)
- ponçage (local/complet)
- sous-couche (type)
- traitement taches / humidité ancienne
C. Produits + finition
- marque/gamme (ou au moins “qualité professionnelle lessivable”)
- mat / velours / satin
- nombre de couches (sous-couche + 2 couches, etc.)
- teintes (blanc standard / RAL / teinte spécifique)
D. Protections / nettoyage
- bâchage sols/meubles
- protections prises/interrupteurs
- nettoyage fin + évacuation déchets
E. Planning + conditions
- date de début, durée, date de fin estimée
- conditions d’accès (parking, ascenseur, horaires)
- conditions de paiement
👉 Un devis “peinture 2 couches tout compris” = devis dangereux.
5) Les pièges classiques (et comment les éviter)
Piège 1 : “Peinture pas chère”
Souvent : plus liquide, moins couvrante, traces, moins lessivable.
✅ Solution : exige une peinture pro lessivable sur zones de vie.
Piège 2 : “Sous-couche oubliée”
Sur supports poreux, anciens satinés, taches… ça finit par cloquer, marquer, jaunir.
✅ Solution : “sous-couche adaptée” écrite au devis.
Piège 3 : “Retouches non incluses”
Une peinture parfaite sans retouches finales est rare.
✅ Solution : clause “retouches à la réception incluses”.
Piège 4 : “Fissures qui reviennent”
Parce qu’ils ont juste peint dessus.
✅ Solution : traitement fissures (ou au minimum acrylique + enduit + ponçage) clairement décrit.
Piège 5 : “Airless sans maîtrise”
Ça va vite, mais si protections faibles : micro-brouillard partout.
✅ Solution : exiger détail de protection + nettoyage.
Heureux, qui a le choix et choisi le mieux. Benali SETTI
6) Check rapide qualité sur chantier (avant de payer le solde)
Fais ce contrôle “à la lumière” :
- angles plafond/mur : trait net, pas de bavures
- pas de “peau d’orange” excessive (selon finition)
- pas de traces de reprises visibles à 1–2 m
- uniformité de la teinte (pas de zones plus mates)
- pas de poussières/poils emprisonnés
- prises, interrupteurs propres
- plinthes et encadrements nets
👉 Fais-le en lumière rasante (lampe de téléphone). Ça révèle tout.
7) Paiement et “contrat” simple mais efficace
Pour éviter les discussions :
- acompte raisonnable (souvent 20–30% selon taille)
- paiements intermédiaires si gros chantier
- solde après réception et retouches
- réception écrite (même par message) avec liste de réserves
8) Conseils selon ton cas (pratique)
Appartement occupé
- demander un planning pièce par pièce
- protection + rangement quotidien
- peinture faible odeur / séchage rapide
Logement vide (meilleur scénario)
- plus rapide, plus propre
- possibilité de ratissage complet facilement
Murs très abîmés
- ratissage complet recommandé
- sinon tu seras déçu même avec bonne peinture
9) Mini grille pour comparer 3 entreprises (simple et efficace)
Note /10 :
- préparation détaillée
- qualité produits annoncée
- protections + propreté
- planning + communication
- retouches + réception
- cohérence prix vs travaux décrits
L’entreprise qui gagne n’est pas la moins chère : c’est celle qui décrit le mieux la préparation.
